Les hospitalisations d’enfants liées au VRS ont plus que doublé au Canada en 2022-2023
27 avril 2026
Un nouveau portrait comparatif montre une forte hausse des hospitalisations dues au VRS depuis la période prépandémique, particulièrement chez les bébés de moins de six mois.
Montréal, 27 avril 2026 – Les hospitalisations dues au virus respiratoire syncytial (VRS) ont plus que doublé en 2022-2023 par rapport aux années prépandémiques. Cette hausse a dépassé le cap des 5 000 hospitalisations et a entraîné une saturation des capacités des hôpitaux pédiatriques canadiens, révèle une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (L’Institut) et du BC Children’s Hospital Research Institute. Les bébés de moins de six mois, particulièrement à risque de complications, représentaient la majorité des admissions aux soins intensifs.
Le VRS est la principale cause d’infections des voies respiratoires inférieures chez l’enfant, telles que la bronchiolite ou la pneumonie. Plus de 75 % des hospitalisations pédiatriques liées au VRS sont chez des enfants autrement en bonne santé.
Cette nouvelle étude, publiée dans CMAJ compare les hospitalisations liées au VRS survenues entre 2022 et 2023 dans 13 hôpitaux pédiatriques canadiens de soins tertiaires participant au Programme canadien de surveillance active de l’immunisation (IMPACT) de la Société canadienne de pédiatrie, à celles observées au cours de trois saisons prépandémiques, de 2017 à 2019. Elle dénombre 5 362 hospitalisations dues au VRS durant la saison 2022-2023, comparativement à une moyenne de 2 517 annuellement pour la période de 2017 à 2019. Il s’agit d’une hausse encore plus marquée que celle qui avait été observée en 2021-2022, durant laquelle 3 170 hospitalisations pédiatriques avaient été recensées.
« Malgré que la proportion des cas était légèrement plus élevée chez les enfants de deux à neuf ans en 2022-2023 qu’au cours des saisons précédentes, le fardeau le plus important demeurait de loin chez les moins de six mois, qui comptaient pour plus de 40 % des hospitalisations et plus de 60 % des admissions aux soins intensifs », indique le Dr Jesse Papenburg, co-auteur principal de l’étude, infectiologue pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants et scientifique au sein du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à L’Institut.


« Les hausses observées seraient entre autres attribuables à la levée des mesures sanitaires qui avaient été instaurées lors de la pandémie. Celles-ci ont retardé l’exposition normale au VRS et plusieurs enfants ont donc contracté leur première infection avec le virus seulement après leur deuxième année de vie, lorsque les activités sociales ont repris leur cours », explique Aariana Lopes, première auteure de l’étude et étudiante à la School of Population and Global Health de l’Université McGill.
Près du quart (24 %) des hospitalisations ont nécessité une admission aux soins intensifs en 2022-2023, une proportion similaire aux années précédentes.
En 2022-2023, le pic d’hospitalisations liées au VRS a été plus précoce et plus important que durant les saisons précédentes, et l’activité du virus a varié d’une province et d’un territoire à l’autre. Par exemple, au Québec et en Ontario, le sommet a été atteint en novembre alors qu’en Saskatchewan, le point culminant est arrivé en janvier.
« Les données régionales et nationales amassées dans le cadre de cette étude permettront d’orienter les stratégies de prévention saisonnière du VRS, afin de réduire le risque de maladie sévère dues au VRS chez les enfants canadiens et d’alléger le fardeau pour le système de santé », souligne le Dr Papenburg, qui est également président du Comité sur l’immunisation du Québec et professeur agrégé au Département de pédiatrie de l’Université McGill.
Contrer le VRS grâce à des outils efficaces
De nouveaux outils de prévention du VRS sont désormais disponibles au Canada. Il s’agit notamment d’anticorps monoclonaux à action prolongée (des protéines synthétiques qui offrent une protection temporaire contre l’infection) et d’un vaccin administré pendant la grossesse afin de protéger les bébés au cours de leurs premiers mois de vie. La mise en œuvre de ces mesures varie selon les provinces et les territoires.
« Chaque année, le VRS rend gravement malade des milliers d’enfants au pays. Considérant le nombre élevé d’hospitalisations, les familles devraient être encouragées à recourir aux mesures préventives disponibles dans leur région, soit la vaccination pour les femmes enceintes ou les anticorps monoclonaux pour les nourrissons », dit le Dr Papenburg.
À propos de l’étude
L’étude Changes in Pediatric Respiratory Syncytial Virus Hospitalizations after the COVID-19 Pandemic, 2022-2023, Canada : An Active Surveillance Study a été réalisée par Aariana Lopes, Joanne Embree, Taj Jadavji, Kescha Kazmi, Joanne M. Langley, Marc H. Lebel, Nicole Le Saux, Dorothy Moore, Shaun K. Morris, Jeffrey M. Pernica, Joan Robinson, Manish Sadarangani, Hennady P. Shulha , Julie A. Bettinger, Jesse Papenburg et les investigateurs IMPACT.
DOI: doi.org/10.1503/cmaj.251369
Personne-ressource pour les médias
Evelyne Dufresne
Agente d’information
Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM)
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