Une course contre la montre pour sauver Thomas Forest
3 novembre 2026
Ce qui devait être une partie de flag football comme les autres s’est transformé en une véritable course contre la montre pour Thomas Forest, 10 ans. Après avoir reçu un coup à la tête pendant la partie, en mai dernier, le jeune garçon semblait souffrir de simples maux de tête.
Près de deux heures après l’incident, une fois de retour à la maison, Thomas a commencé à ressentir de violentes douleurs à la tête. Inquiets de voir leur fils dans cet état, Jonathan Forest et Marie-Josée Lévesque ont décidé que Jonathan allait l’amener à l’urgence de l’Hôpital de Montréal pour enfants (HME).
À leur arrivée, Jonathan a demandé à une préposée aux bénéficiaires, Tanaisha Chapman Gomes, de surveiller Thomas, car il devait aller stationner la voiture. Thomas avait commencé à vomir lors du trajet en voiture et son état se dégradait. Tanaisha a remarqué qu’il était en train de perdre connaissance dans la chaise roulante. Elle l’a immédiatement amené à l’urgence. Au pré-triage, l’infirmière Kristina St-Arnaud a rapidement compris la gravité de la situation et l’a tout de suite dirigé vers la salle de réanimation.
« Dès que nous avons vu Thomas arriver dans cet état, il fallait agir rapidement. Chaque seconde comptait et toute l’équipe s’est mobilisée immédiatement », explique Kristina St-Arnaud.
Dans la salle de réanimation, la Dre Ilana Bank, directrice de la division de médecine d’urgence pédiatrique et directrice médicale de la simulation pédiatrique, a pris Thomas en charge, avec sa collègue la Dre Cathie-Kim Le. Plusieurs équipes ont collaboré simultanément. Les infirmières ont installé les moniteurs, obtenu un accès intraveineux et effectué les examens nécessaires avec une rapidité remarquable.
« Ce qui m’a frappée, c’est la rapidité avec laquelle chacun a su exactement ce qu’il avait à faire pour tenter de sauver Thomas. Ce genre de situation exige de la confiance, une excellente communication et une équipe qui fonctionne véritablement comme une seule entité », souligne la Dre Bank.

Même des médecins qui n’étaient pas de garde, dont le Dr Brett Burstein, ont immédiatement répondu à l’appel. Le Dr Josh Feder, de l’unité de soins intensifs pédiatriques, est également arrivé pour prendre en charge les voies respiratoires de Thomas.
Ailleurs à l’HME, les équipes de radiologie, de neurochirurgie, des soins intensifs, d’anesthésie et du bloc opératoire se sont mobilisées. La tomodensitométrie avait révélé un important saignement au cerveau de Thomas causé par l’impact. Le Dr Adriano Cattani, neurochirurgien, est arrivé quelques minutes plus tard afin de préparer Thomas pour une intervention chirurgicale. La travailleuse sociale Laura Johnston a, pour sa part, accompagné la famille tout au long de cette épreuve.
La rapidité des interventions témoigne de cette coordination exceptionnelle : seulement 18 minutes se sont écoulées entre l’arrivée de Thomas à l’urgence et son passage à la tomodensitométrie, puis 10 minutes entre l’examen et son arrivée au bloc opératoire.
Pour les parents de Thomas et sa petite sœur Victoria, ces moments ont été particulièrement éprouvants, malgré l’expérience de Jonathan comme pompier.
« Je suis habitué à être témoin de situations urgentes, mais quand c’est son propre enfant, c’est complètement différent. Voir toute cette équipe se mobiliser autour de Thomas nous a donné confiance », raconte-t-il.
Aujourd’hui, Thomas est complètement rétabli. Il garde de cette épreuve une grande cicatrice à la tête. La blessure a nécessité 112 points de suture. Pour sa famille, elle témoigne du chemin parcouru et de l’immense reconnaissance de ses proches envers toutes les personnes qui se sont mobilisées pour lui sauver la vie.